Aller au menu Aller au contenu
Retour à la page d'accueil du site CDDP de l’Yonne

Le projet de résidence de Patricia Cartereau

L’écrivain Eric Pessan a écrit un texte (« Le lent cheminement ») sur le travail de Patricia Cartereau. Dans ce texte Patricia a mis en gras le passage qui concerne la base de son projet pour cette résidence.
Lire « le lent cheminement » (PDF 41.6 ko)

Le projet de la résidence

Note d’intention - résidence d’artiste en milieu scolaire

J’envisage la résidence d’artiste comme un temps d’observation, d’imprégnation et de prises de contacts avec le milieu environnant.
L’immersion en ce milieu scolaire me permettrait d’être en contact direct avec un public adolescent. Souvent, mon travail s’élabore en lien avec un public spécifique. L’adolescence – période qui n’est pas seulement de transition mais un âge en soi – entre en résonance avec certaines de mes préoccupations thématiques.
J’ai beaucoup travaillé sur l’enfance, la petite enfance, mais aussi la fin de l’enfance.
Mes peintures et mes dessins peuvent en effet exprimer un rapport à l’enfance, et au-delà même de l’enfance un rapport au monde, à l’étrangeté et à la violence du monde (E. Pessan).
Je suis d’autant plus motivée que l’adolescence est une période d’entre-deux, entre l’enfant et l’adulte, un âge de recherches et d’affirmations de son identité, où l’ego est fortement marqué.
Chaque adolescent se construit une « image », par son look, ses vêtements, les affirmations de son goût. C’est bien cette image que je me propose d’interroger.

Je compte alors développer avec les collégiens et les lycéens un travail sur le portrait : portraits de leurs visages, mais peut-être aussi des portraits d’objets symboliquement, émotionnellement importants pour eux. Avec évidemment la nécessité d’une relation de confiance, j’envisage cette résidence comme l’apprentissage, l’expérience d’être, ici.
Des années durant, j’ai fait poser des proches, pour « faire leur portrait », en temps réel. Le moment de la pose devenant aussi important que l’œuvre qui en résultait (c’est d’ailleurs pourquoi je tiens à cet échange et que je refuse de travailler avec l’aide de la photographie – confortable mais excluant le rapport modèle / peintre). _ Pour un portrait, les personnes posent environ 45 minutes, durant ce temps, le visage change, le regard bouge, une relation s’instaure.
J’ai aussi régulièrement interrogé l’objet symbolique (le doudou pour la petite enfance, mais aussi les souvenirs liés à un objet avec un public adulte : lorsqu’une personne me confie un objet à peindre, s’instaure une nouvelle relation, complémentaire de celle qui a été vécue lors de l’expérience du portrait. L’objet provoque la parole, entraîne une narration, une émotion, un fragment de vie.
Portrait du visage et portait d’un objet symbolique formeront des diptyques biographiques.

Mon projet, bien sûr, est un cadre, dans toute sa souplesse et son ouverture. Être en résidence, cela implique aussi tenir compte des exigences et des opportunités de la structure hôte. Des liens peuvent être faits avec des professeurs en abordant des notions comme la narration, le rapport au corps (postures), le rapport à l’autre, à l’identité (dans les choix vestimentaires par exemple), le rapport au temps (souvenirs et traces de l’enfance / projections, traces pour l’avenir). Ces liens seront à inventer avec les enseignants.
Patricia Cartereau

Imprimer cette page

 

CDDP de l’Yonne - 28, rue Théodore de Bèze - BP 84 - 89011 Auxerre Cedex
Tél. : 03 86 52 57 14 - Fax. : 03 86 52 93 30 - Courriel : cddp89@ac-dijon.fr

©  CDDP de l’Yonne - CRDP de Bourgogne Pôle infomédia 2005 | Réalisé sous SPIP
Mentions légales

Interface privée