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B2i collège
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Les enjeux liés au B2i

Les enjeux de la mise en œuvre du B2i sont profondément liés à ceux de l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement. L’École se doit d’intégrer les TIC pour au moins trois raisons : une raison sociale, une professionnelle et une pédagogique. Le B2i apporte une réponse globale et cohérente à ces trois logiques.

 Trois raisons d’intégrer les TIC dans l’enseignement

La nécessité de faire une place aux technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation ne semble plus un objet de débat en soi ; à peu près partout à travers le monde, on s’accorde à dire qu’il s’agit d’un mouvement « incontournable ». Ainsi, la plupart des pays occidentaux dans le cadre de leurs politiques publiques se sont dotés de programmes en matière d’intégration des TIC en éducation. La majeure partie de ces politiques mettent en avant au moins trois raisons fondamentales d’intégrer les technologies de l’information et de la communication à l’École : une raison sociale, une professionnelle et une pédagogique.

Égalités des chances - logiques sociale et professionnelle

L’École, pour contrer la fracture numérique

En premier lieu, l’introduction des TIC dans l’enseignement, c’est d’abord poursuivre un objectif d’équité sociale. C’est donc s’assurer que chaque élève qui fréquente le système éducatif ait la possibilité de se familiariser avec l’outil informatique, surtout si son environnement socio-économique n’a pas déjà permis une initiation précoce en la matière. La recherche de l’équité est un enjeu majeur qui doit permettre à chaque individu d’avoir accès aux ressources de l’éducation, y compris aux technologies de l’information et de la communication. Ainsi, la pénétration des TIC dans le système éducatif ne doit jamais contribuer à pénaliser ceux et celles qui, de par leur environnement économique, social ou culturel, n’ont pas ou peu accès à ce type de ressource. La place qu’occupe l’information dans une économie fondée sur le savoir ne doit pas donner naissance à une autre fracture sociale qui distinguerait les « inforiches » et les « infopauvres » ; le système éducatif est l’une des principales ressources de la société pour contrer une telle éventualité.

Une utilisation centrée sur des comportements citoyens qui équilibrent les utilisations extérieures à l’École

Par ailleurs, l’École doit également préparer chacun à s’insérer, socialement et professionnellement, dans la société du savoir et à exercer de façon responsable son rôle de citoyen dans une société rendue de plus en plus complexe par la mondialisation et les technologies de l’information et de la communication. La complexité inhérente à la société du savoir et les risques de marginalisation et d’exclusion sociales qui peuvent en résulter, exigent du système éducatif un effort accru, non seulement pour contrer l’analphabétisme technologique - en enseignant le maniement et l’utilisation des TIC - mais surtout pour fournir à tous un niveau d’éthique dans l’utilisation des TIC qui soit garant d’une citoyenneté éclairée et vigilante.

Donner des bases solides - logique pédagogique

L’intégration progressive des TIC dans l’enseignement répond au besoin d’assurer une certaine continuité entre le niveau de développement technologique de la société et l’École. Il est important que l’élève ne perçoive pas l’École comme étant en rupture avec le monde extérieur ou comme une institution archaïque et fermée à la réalité contemporaine.

À l’École, c’est l’établissement de bases solides par une utilisation éclairée des TIC qui importe le plus. L’éducation aux valeurs et aux comportements éthiques y jouera un rôle déterminant non seulement pour l’ensemble du parcours scolaire de l’élève, mais aussi dans les diverses utilisations qu’il fera de ces technologies à l’extérieur de l’école.
C’est aussi à l’École de veiller à ce que l’enfant saisisse bien toute la différence entre le monde virtuel auquel lui donnent accès les TIC et le monde réel dans lequel il évolue chaque jour. Si le premier peut être un monde sans contrainte avec peu d’interdits et où la vie a peu de prix, le monde réel et la vie en société comportent des règles et des exigences auxquelles chacun doit se conformer, à partir du plus jeune âge et tout au long de la vie.
Par ailleurs et nonobstant le souci d’entreprendre graduellement une intégration pédagogique des TIC dès le début du parcours scolaire, il importe de garder constamment à l’esprit que le jeune enfant est un être en développement et que tous ses sens doivent être stimulés pour en faire un être complet, en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels. Dans ce sens, c’est donc à une utilisation raisonnable des TIC et en complément à tous les moyens qui sont à la disposition des enseignants pour assurer le développement complet de l’enfant, que sont invités l’école primaire et le collège.

 Le B2i : une réponse globale à ces trois logiques

Une réponse sociale et professionnelle

Avant tout, le B2i répond à une question d’équité, sa mise en œuvre doit amener la certification que tous ceux qui sortent de l’École disposent bien d’un « socle commun de compétences » informatique et internet. Par ailleurs, le B2i institue clairement la reconnaissance et la validation de compétences acquises à l’extérieur de l’École. Ainsi, un élève peut très bien valider des compétences non pas car il les aura apprises en milieu scolaire, mais parce qu’elles ont été utilisées chez lui lors d’activités d’ordre personnel. Cette évaluation en milieu scolaire de compétences acquises dans des environnements divers, met en évidence au moins deux aspects non négligeables du B2i :

Parallèlement à cette reconnaissance des usages extérieurs à l’École, le B2i inscrit très fortement l’utilisation des TIC dans une démarche citoyenne. Ainsi, on retrouve dans le B2i (niveau école comme collège), des compétences qui relèvent d’attitudes citoyennes et amènent les élèves à une utilisation réfléchie des TIC (comme par exemple, se questionner sur la validité des informations véhiculées sur internet…).

Une réponse pédagogique

En instituant le B2i et en l’intégrant aux programmes de l’école primaire et du collège, le ministère de l’Éducation nationale apporte non seulement une réponse sociale mais aussi une réponse pédagogique. Ainsi, le B2i positionne l’utilisation des TIC à l’École à la fois comme objet d’apprentissage (avec la validation de compétences d’ordre technique) et comme outils aux services des champs disciplinaires et des apprentissages propres à l’école primaire et au collège. Ce double objectif met en évidence une des fonctions essentielles allouées à l’éducation : la construction de compétences qui relèvent de l’ordre des savoirs, des savoir-faire et des comportements. Dans ce sens, le B2i fondé sur la maîtrise de compétences doit aider à mettre en œuvre des processus propres à favoriser leur acquisition, leur appropriation et leur intégration par les élèves.

D’autre part, en positionnant notamment le B2i dans un dispositif de contrôle continu réparti entre les différentes disciplines, le ministère de l’Éducation nationale affirme sa volonté de placer les technologies de l’information et de la communication comme des outils aux services des disciplines et des apprentissages. Les TIC sont donc envisagées comme des outils au service des différents champs disciplinaires et leur maîtrise n’est pas une fin en soi. Leur utilisation doit permettre (au même titre que les autres outils employés par les élèves), d’atteindre des objectifs disciplinaires ou de favoriser l’acquisition de compétences transversales ou méthodologiques.

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[1] Bruno Devauchelle - Le Café pédagogique, Dossier spécial B2i - www.cafepedagogique.net

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